FNSAB


On considère très sûrement que, les épreuves de course à pied sont nées dans le creuset de Marathon. Le football et le rugby ont eu pour cadre un collège de la région d’Oxford pour ses premières escarmouches.

Mais sait-on d’où viennent les jeux et sports athlétiques bretons ?

On peut avancer sans trop de risque que les durs travaux manuels exécutés en majorité dans les zones rurales, qui dominaient autrefois, sont les ancêtres des jeux athlétiques bretons.

En effet, à un siècle où la machine n’avait pas encore commencé à remplacer l’homme, ce dernier n’avait d’autre solution, hormis le cheval, que l’utilisation de sa force. Il n’avait que ses bras, ses jambes et son souffle, pour s’acquitter des tâches quotidiennes.
Les loisirs ne connaissaient pas à l’époque l’organisation qui est la leur, dans ce qui semble être devenu quelque part la civilisation du même nom.

Les jeux, qu’ils soient de force ou d’adresse, ont toujours passionné les Celtes.
Leurs jeux collectifs ont donné naissance à la plupart des sports aujourd’hui pratiqués dans le monde :

– football,
– basket-ball,
– hockey,
– rugby,
– lancer du poids, du marteau,
– etc…

Jadis, les jeux trouvaient leurs adeptes dans les campagnes, dans les métiers ruraux où l’outil et la matière transformés devenaient agrès :

– Les moissonneurs jetaient haut la botte de paille,
– Les bûcherons levaient la perche,
– Les charrons, l’essieu de charrette,
– Les maréchaux, l’enclume,
– Les meuniers se mesuraient à la course, une éculasse de 200 livres sur l’épaule,
– Les carriers lançaient la pierre lourde, ils levaient la civière,
– Les cordiers tiraient la corde, comme les marins, etc.

Ces hommes extériorisaient leur besoin de jeu et de compétition au travers de joutes organisées lors de leurs moments de repos et lors des pardons. Ainsi sont nés des jeux et sports de force dont l’origine se perd dans la nuit des temps.

Ils se sont perpétués jusqu’à nos jours, mais sévèrement concurrencés par les sports « officiels » qui seuls bénéficient de la faveur des médias.

Ils sont progressivement devenus des sports de seconde zone, au point de n’être plus pratiqués que confidentiellement dans les hameaux et petites communes bretonnes.

C’hoarioù Langonnet

C’est en 1974 qu’ont été créés les « C’hoarioù Langonnet » à l’instigation du Bagad-Bleinmor et de son « penn-soner » ou chef des sonneurs Youenn Sicard.

Une volonté délibérée de « changer la fête » en Bretagne animait cette équipe entreprenante et enthousiaste. Son but était de la restituer dans un contexte réellement populaire, loin des pôles touristiques de l’été.

Le comité des fêtes locales fit sienne cette idée neuve. Une collaboration étroite s’établit, qui allait permettre, en quelques années, de prouver que la formule était viable.

Langonnet se prêtait à merveille à ce challenge : commune rurale du canton de Gourin, très étendue et très bretonnante à l’époque, où les traditions ancestrales y sont restées vivantes, en outre magnifiquement bien située géographiquement au cœur du pays bretonnant.

 

Le Bagad-Bleinmor n’avait pas choisi Langonnet au hasard… C’était malgré tout un pari, et il l’avait gagné.

Les « C’hoarioù Langonnet » furent un modèle de fête bretonne réellement populaire.

Inspirés des Highlands Games, on y trouvait plusieurs démonstrations de la richesse du patrimoine breton. Associés à la musique, les sports athlétiques attirèrent à Langonnet chaque 14 juillet, des foules impressionnantes. La troisième édition des C’hoarioù Langonned, en 1977, grâce notamment à la précieuse collaboration technique de la FALSAB, connut un énorme succès.

Le moment semblait enfin venu de mettre en place une organisation structurée, dont tous ce qui s’intéressaient ici ou là aux jeux et sports athlétiques bretons, souvent depuis plusieurs décennies, en sentaient la nécessité. Suite à cela, une association morbihannaise de sports athlétiques vit le jour en automne 1977 sous l’impulsion du regretté Samuel Gaudart.

Les C’hoarioù Langonnet furent le déclencheur de la création de comités dans les autres départements bretons, le Finistère en tête.

De bonnes volontés se levèrent partout et apportèrent à la section autonome des Sports Athlétiques de la FALSAB expérience et dévouement.

Les C’hoarioù Langonnet devinrent par la suite les C’hoarioù Breizh Langonnet. C’était en somme la consécration des efforts fournis depuis 1974 par deux équipes associées.

Langonnet fut promu capitale du championnat de Bretagne des Sports Athlétiques bretons.

Le 14 juillet 1978 fut le point culminant de la saison athlétique bretonne.
Pour la première fois les athlètes présents furent sélectionnés à plusieurs niveaux dans tous les départements.

Ce fut donc la fine fleur de la force et de la technique sportive traditionnelle qui s’affronta. Et le fait que ce championnat permettait de sélectionner encore les meilleurs parmi tout le gratin breton, pour les opposer aux Écossais et autres celtes, pour le défunt championnat interceltique de Lorient, engendrait un immense attrait à ces joutes des Montagnes Noires.

Évolution des jeux et sports athlétiques en Bretagne

A la fin des années soixante-dix, chaque dimanche donnait lieu à une compétition organisée par les clubs à tour de rôle, souvent lors du pardon des communes de clubs.

Ces concours étaient fort prisés par les athlètes et le public. Celui-ci suivait assidûment les compétitions, soit en se rendant sur les manifestations soit par la presse.

Les journaux relataient largement les compétitions avec des gros titres parfois : « Les sabliers de Goulven battus ». Cette équipe dominait le tire à la corde dans le Léon et en Bretagne. Aussi quand elle fut vaincue, ça discuta dans les chaumières.

On le sait, le premier championnat de Bretagne de Langonnet dans le Morbihan aura été le catalyseur de ces concours jusqu’au début des années quatre-vingt-dix.

Le lutteur Yves Vaucher (à droite),
donna son nom à une technique
de le lever de la perche

Le 14 Juillet 1978 se déroule le premier championnat des cinq départements.

Devant plusieurs milliers de spectateurs, les meilleurs athlètes et équipes de Bretagne s’affrontèrent sur 6 concours sportifs :

– Le lancer de la pierre lourde
– Le bâton à bouillie
– Le lever d’essieu de charrette
– Le lever de la perche
– Le relais des meuniers
– Le tire à la corde

On retenait que la pierre lourde était projeté à 6m82, et que l’essieu était levé 49 fois en 3 minutes.

En 1982, le nombre de jeux était porté à 7 pour ces championnats avec l’apport du lancer de la gerbe en hauteur.

Situation actuelle

Une évolution a été enregistrée sur certains jeux au niveau des performances.

La plus frappante est celle du lancer de la gerbe, qui a vu son record atteindre les 9m20 par Christophe Le Guévelo de Malguénac (56) le 18 juillet 1999 à Ploemel.

Nous pouvons mesurer que les rencontres avec nos cousins celtes, ont permis de gagner plus de 2,50m par rapport aux meilleurs performances du début des années 1980.

Les autres progressions sont moins significatives sauf toutefois au lever de la perche, mais difficilement mesurable en raison du poids de la perche à nu qui varie d’un matériel à l’autre.
Le record du lancer de la pierre lourde a également été battu avec un lancer à 8m 23 en 1993.

Hors de ces jeux pratiqués en rencontre générale, il existe le jeu du lever de la civière, sorte de brouette sans roue sur laquelle on dispose des charges, à titre indicatif, la meilleure performance dépasse 1 tonne.

Lever de la civière
avec Christian Cosquer

De même d’autres jeux athlétiques sont pratiqués, essentiellement dans le Trégor :

– L’arraché du sac
– Le lever d’essieu à un bras
– Ar Vazh-a-benn (le bâton par le bout)

L’arraché du sac
dans les années 1970

Copyright : F.N.S.A.B. 2005-2008